Packaging cosmétique et parasitisme : la Cour d’appel de Paris rappelle les limites de la protection face aux tendances du marché

Packaging cosmétique et parasitisme : la Cour d’appel de Paris rappelle les limites de la protection face aux tendances du marché


Le 16 octobre 2025, la Cour d’appel de Paris a rejeté les demandes faites par la société La Rosée qui reprochait à la société Caudalie d’avoir reproduit le packaging d’un de ses produits comme suit :  

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La Rosée se prévalait de faits de concurrence déloyale et parasitaire en arguant que les actes de parasitisme commis par la société Caudalie, vis-à-vis de leur « stick solaire », sont caractérisés par la reprise du conditionnement et de campagnes promotionnelles similaires à ceux de son stick, ainsi que des actes de concurrence déloyale caractérisés par l’apparition d’une confusion dans l’esprit du public.

Selon la Cour d’Appel :

  • Aucune pièce n’a été apportée démontrant des freins éventuels au développement international de la société La Rosée, ni démontrant l’existence d’un préjudice lié à la commercialisation du stick solaire de la société Caudalie.
  • Le trouble manifestement illicite n’est pas établi puisque les similitudes soulignées ne dépassent pas les codes esthétiques communs.
    • Le format cylindrique large n’est pas une innovation – ce format est largement utilisé par les acteurs du marché cosmétique en matière de protection solaire.
  • Le risque de confusion dans l’esprit du public est assez mineur dans la mesure où si la colorimétrie des deux produits présente des similarités, ceux-ci se « distinguent par l’apposition très apparente de chacune des deux marques sur le tube ».
  • Le recours au même fabriquant, antérieur à la mise au marché du stick solaire de La Rosée, n’est pas pertinent pour établir l’existence d’actes de concurrences déloyale ou de parasitisme.

La Cour d’Appel a donc jugé que les actes de concurrence déloyale et de parasitisme n’étaient pas démontrés et a donc rejeté les requêtes de la Rosée.

Bien entendu, cette décision ne doit pas être généralisée. Le parasitisme demeure en soi recevable concernant les packagings dans le domaine cosmétique.

Toutefois, démontrer une concurrence déloyale et un parasitisme est difficile dans ce secteur, puisque la Cour demande des preuves précises et concrètes, et protège de manière large le concept de concurrence sur le marché, pour permettre une compétition équitable et d’éviter l’abus de position dominante.

Ainsi, les similitudes de forme, de couleur ou de style, lorsqu’elles relèvent de tendances de marché, ne suffisent pas à caractériser en elle-même un parasitisme.

Il convient alors plutôt de s’orienter vers des dépôts de marques tridimensionnelle ou de dessins et modèles qui permettent alors d’invoquer d’autres fondements à l’action.

Les équipes d’Office Freylinger sont à votre disposition si vous avez des questions en matière de la défense de vos droits de propriété intellectuelle.

McDonald’s loses chicken ‘Big Mac’ trademark battle

McDonald’s loses chicken ‘Big Mac’ trademark battle

In an article in December 2022 we reported a Decision from the EUIPO Board of appeal, whereby a previous decision cancelling McDonald’s EU Trademark “BIG MAC” had been overturned. In said previous decision the Cancellation division had decided that the evidence of use for the mark “BIG MAC” submitted by McDonald’s had not been sufficient.

But this was not the end of the story and the other party, the Irish fast food chain Supermac’s (Holdings) Ltd. brought the matter before the General Court of the European Union, contesting again the genuine use of the mark “BIG MAC” by McDonald’s. The General Court analysed the evidence of use submitted by McDonald’s in detail and came to the conclusion that McDonald’s had not proven use of the “BIG MAC” trademark in relation to chicken products or services “associated with operating restaurants”. With respect to chicken sandwiches, McDonald’s submitted printouts of advertising posters, screenshots of a television advertisement which was broadcast in France in 2016 and screenshots from the Facebook account of McDonald’s France in 2016, which show use in relation to “BIG MAC” sandwiches of chicken, but in the view of the General Court do not make it possible to ascertain in what quantities, or with what regularity and recurrence, the goods concerned were distributed. The evidence in relation do chicken burgers does furthermore not contain any indications as regards the prices and is thus considered insufficient.

As regards McDonald’s restaurant services, the General Court finds that it would be contrary to Article 15 of Regulation No 207/2009 to hold that use in connection with goods could also prove use in connection with specific services. The evidence which was submitted by McDonald’s does not, in the General Court’s view, serve to prove that the contested mark has been used in connection with ‘services rendered or associated with operating restaurants and other establishments or facilities engaged in providing food and drink prepared for consumption and for drive-through facilities; preparation of carry-out foods’.

As the matter now stands, McDonald’s can maintain the “BIG MAC” mark for the meat sandwiches everyone knows, but will lose trademark protection for chicken sandwiches and restaurant services in relation to this mark.

The “lessons learned” that we indicated in our previous article are still valid, namely:

  • It is not because the mark is widely known that its genuine use will be automatically recognized by the EUIPO. Proof of use should be submitted as for any other trademark. Proof of the use of a trademark must be provided according to certain criteria, the EUIPO not being able to rely on facts that are not submitted to it
  • This case is an opportunity to remind trademarks owners of the importance of collecting regularly relevant documents showing the use of their trademarks to be able to defend their rights within the scope of a non-use cancellation action.

This decision can still be appealed to the EU’s top court, the Court of Justice, but only under very restrictive conditions.